
© Élie Kibalubu
Une vive controverse entoure actuellement le prix de la carte délivrée par l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC). Plusieurs journalistes dénoncent un montant jugé excessif, certains allant jusqu’à affirmer que la carte professionnelle coûterait plus cher qu’un passeport ordinaire. Dans un contexte où la majorité des médias congolais ne bénéficient d’aucune subvention publique, la question mérite d’être posée : L’UNPC tient-elle compte des conditions socio-économiques de ses membres ?
Une comparaison qui interroge
Des organisations professionnelles considérées comme crédibles, à l’instar de l’Union internationale de la presse francophone (UPF), fixent leur cotisation annuelle incluant la carte à environ 25 dollars américains. Ce montant, unique et forfaitaire, couvre à la fois l’adhésion et la délivrance de la carte.
À l’inverse, il est reproché à l’UNPC de facturer non seulement la carte, mais également le formulaire, en sus de la cotisation. Cette accumulation de frais est perçue par certains comme une barrière financière, voire comme une forme de découragement implicite à l’adhésion.
Dans un pays où les journalistes travaillent souvent dans des conditions précaires, sans sécurité sociale ni stabilité salariale, l’exigence financière élevée peut paraître déconnectée des réalités du terrain. Beaucoup estiment que la priorité d’une organisation nationale devrait être :
La défense des droits socio-professionnels des journalistes;
La lutte pour la subvention des médias privés;
L’assainissement et la structuration de la corporation;
Le renforcement de la crédibilité et de la formation continue.
Or, au lieu de mobiliser autour de ces enjeux fondamentaux, le débat semble aujourd’hui focalisé sur le coût d’accès à la carte professionnelle.
Face à ces exigences financières, plusieurs journalistes affichent un intérêt décroissant pour l’adhésion. Cette situation fragilise davantage l’unité de la corporation et affaiblit la capacité collective de défense des intérêts communs.
Car une organisation professionnelle forte repose d’abord sur la confiance et l’adhésion massive de ses membres. Lorsque les conditions d’accès sont perçues comme contraignantes, c’est la légitimité même de l’institution qui se trouve questionnée.
Cette polémique devrait être l’occasion d’une réflexion interne au sein de l’UNPC : comment concilier les besoins de fonctionnement et accessibilité ? Comment restaurer la confiance ? Comment replacer l’intérêt collectif au centre des priorités ?
Dans un environnement médiatique déjà fragilisé, la cohésion de la presse congolaise ne peut être sacrifiée sur l’autel de considérations administratives. Plus que jamais, la corporation a besoin d’un leadership rassembleur, transparent et orienté vers la défense concrète des journalistes.
