
© Élie Anzakuno
La situation des opérateurs économiques établis sur l’avenue Adama à Kinshasa continue de susciter de vives réactions.
Dans un message publié sur son compte X, Iris Nzolantima estime que les personnes concernées sont des acteurs économiques opérant le long de cette avenue et non des occupants irréguliers au sens pénal du terme.
Dans sa publication, elle cite notamment cette phrase forte :
« On ne réforme pas un pays en détruisant ceux qui l’emploient. »
S’adressant directement au Président de la République avec
« déférence et profonds respects », les acteurs économiques sollicitent une rencontre « à sa convenance », afin d’examiner les implications juridiques, économiques et sociales des démolitions annoncées.
Selon les données avancées dans le message partagé par Iris Nzolantima, une entreprise emploierait en moyenne près de 60 familles. En considérant cinq enfants par foyer, cela représenterait environ 300 personnes dépendantes directes par structure.
En incluant les familles élargies, le nombre pourrait atteindre 1000 bénéficiaires indirects.
Ainsi, si cent entreprises étaient touchées, près de 10.000 congolais pourraient se retrouver plongés dans l’incertitude.
Son message met l’accent sur la dimension humaine du dossier :
« Derrière chaque démolition administrative, il y a des enfants déscolarisés ; des loyers impayés ; des soins médicaux non assurés ; une stabilité sociale souvent fragile. »
Tout en reconnaissant le pouvoir de régulation de l’État, les opérateurs économiques estiment que des autorisations légalement délivrées engagent la responsabilité administrative. Ils demandent :
- un audit des permis accordés ;
- un plan de transition clair à court terme ;
- un mécanisme équitable de compensation ou de relogement ;
- l’ouverture d’un dialogue technique inclusif.
Pour les signataires, la fermeté de l’État ne doit pas « devenir une fabrique à chômage ».
Pour sa part, Madame Iris Nzolantima réaffirme sa confiance dans le sens de justice du Président Félix Tshisekedi et plaide pour une solution concertée, estimant que le développement du pays doit se construire en partenariat avec le secteur privé.
Les propriétaires de l’avenue Adama ne sont pas des hors-la-loi surgis du néant. Ce sont des acteurs économiques. Des employeurs. Des contribuables. Ce sont eux qui participent à la stabilité sociale que l’État dit vouloir protéger.
On veut casser mais on ne veut pas arrêter ceux qui ont signé les permis ? On veut démolir mais aucune poursuite contre les autorités qui ont validé ces plans ? On veut supprimer des emplois mais aucune mesure de compensation ? Donc l’État autorise hier, encaisse pendant 20 ans et condamne aujourd’hui en 7 jours ? Si les citoyens ont 7 jours pour répondre,
les signataires ont aussi 7 jours pour répondre devant la justice.
À suivre !
