
Kinshasa, 20 mai 2023 — La tension est montée d’un cran ce samedi dans la capitale congolaise. Munis de gaz lacrymogènes et d’armes, des éléments des forces de l’ordre ont violemment dispersé une marche pacifique organisée par les principales figures de l’opposition congolaise.
La manifestation réunissait notamment les militants du parti ENSEMBLE de Moïse Katumbi, du LGD de Matata Ponyo, d’Envol de Delly Sesanga ainsi que de l’ECiDé de Martin Fayulu. Autorisée par les autorités urbaines de Kinshasa, cette mobilisation visait à dénoncer un processus électoral qualifié de « chaotique », la flambée du coût de la vie, les restrictions des libertés publiques ainsi que la dépréciation continue du franc congolais.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la marche a rapidement viré à la répression. Des dizaines de militants ont été passés à tabac puis interpellés de manière musclée par les forces de sécurité.
Parmi les victimes figure Kévin Dimanya, militant du parti ENSEMBLE, présenté par ses proches comme l’un des jeunes cadres engagés dans la mobilisation citoyenne. Des images relayées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs manifestants blessés après l’intervention policière.
Certains interpellés auraient été transférés au sous-CIAT de Victoire.
« Nous avions l’autorisation. Ils sont quand même venus nous frapper », a confié l’un des manifestants arrêtés.
Jusqu’à présent, aucune communication officielle du gouvernement n’a été faite concernant les violences enregistrées lors de cette manifestation, alors que les critiques se multiplient au sein de l’opposition et de la société civile.
