
© Bénédicte Ntanga
Agé de 82 ans, le chef de l’État se dirige ainsi vers un cinquième mandat, prolongeant un pouvoir cumulé de plus de quarante ans à la tête du pays. Sa réélection lui permettrait de rester au pouvoir jusqu’en 2031, sous réserve de la validation des résultats par la Cour constitutionnelle.
Selon les résultats publiés à la télévision nationale, le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou, a annoncé que le président sortant a obtenu 2 507 038 voix, soit 94,82 % des suffrages exprimés, avec un taux de participation de 84,65 %.
Cependant, des journalistes de l’Agence France-Presse présents à Brazzaville ont constaté une faible affluence dans plusieurs bureaux de vote le jour du scrutin. Le réseau Internet a également été coupé dans tout le pays dès le matin du vote, tandis que la circulation des véhicules et l’ouverture des commerces avaient été suspendues sur ordre des autorités. Des forces de sécurité ont été déployées autour des bureaux de vote et dans le centre-ville.
Selon les autorités, près de trois millions d’électeurs étaient inscrits. Toutefois, la coupure d’Internet a empêché d’évaluer précisément la participation dans l’ensemble du pays. Une situation similaire s’était déjà produite lors de la présidentielle de 2021, remportée par Denis Sassou Nguesso avec 88,40 % des voix.
L’opposition conteste régulièrement les élections remportées par le président depuis 2002. Lors de ce scrutin, six candidats, peu connus ou disposant d’une faible base politique, se présentaient face au président sortant, tandis que les principaux partis d’opposition ont boycotté l’élection, estimant que les conditions d’un vote libre et transparent n’étaient pas réunies.
Deux figures majeures de l’opposition issues de la présidentielle de 2016, Jean‑Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, restent emprisonnées après avoir été condamnées à 20 ans de prison pour atteinte à la sécurité intérieure.
La Constitution actuelle empêche en principe Denis Sassou Nguesso de briguer un nouveau mandat en 2031, ce qui pose la question de sa succession. Le président a toutefois déclaré qu’il ne resterait « pas une éternité au pouvoir » et que « le tour des jeunes viendra », sans désigner de successeur potentiel.
