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Pourquoi parler de réforme constitutionnelle alors que la RDC est confrontée à la guerre dans l’Est et à de nombreux défis sociaux ?

Parce qu’un grand pays ne se met jamais en pause. Ceux qui disent qu’il faut attendre la fin de la guerre proposent en réalité l’immobilisme. Le Président Félix Tshisekedi mène la bataille pour la souveraineté nationale au front. Notre devoir est de préparer simultanément les institutions de la paix, les instruments du développement et les réformes nécessaires.

On ne construit pas une maison après l’incendie. On prépare les plans pendant qu’on éteint le feu.

La vraie question est simple : pourquoi certains ont-ils peur que plus de 100 millions de Congolais réfléchissent à leur propre Constitution ? Une démocratie qui interdit le débat constitutionnel n’est plus une démocratie. C’est une religion civile.

L’opposition soupçonne un agenda caché derrière cette initiative. Que lui répondez-vous ?

Le seul agenda caché, c’est celui de la peur entretenu par l’opposition.

Chaque fois que le peuple veut discuter de son avenir, certains crient au complot. La Constitution n’appartient à aucun parti politique. Elle appartient au peuple congolais.

Quand on manque d’arguments, on fabrique des procès d’intention. À ceux qui parlent d’agenda caché, je pose à mon tour la question : quel est leur agenda ? Celui du blocage permanent ? Celui du refus systématique ?

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Quels sont les aspects de la Constitution qui devraient être revus ?

Ce qui ne fonctionne pas doit être amélioré. C’est cela la responsabilité politique.

La Constitution actuelle a permis de sortir d’une période de belligérance et d’assurer une certaine stabilité institutionnelle. Cette étape a été franchie. Aujourd’hui, nous devons entrer dans l’ère du développement.

Le véritable enjeu est de renforcer nos institutions et de donner davantage d’autonomie et de moyens aux Entités Territoriales Décentralisées. Le développement part des territoires.

Le vrai conservatisme aujourd’hui consiste à défendre les blocages institutionnels qui empêchent la RDC de décoller.

Comment parvenir à un consensus national sur une question aussi sensible ?

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Le consensus est souhaitable. Le veto permanent ne l’est pas.

Aucune démocratie au monde ne fonctionne à l’unanimité. Si une minorité peut empêcher toute évolution institutionnelle malgré la volonté de millions de citoyens, ce n’est plus du consensus, c’est une prise d’otage politique.

Nous devons rechercher l’adhésion la plus large possible, mais sans céder au chantage du blocage.

Certains estiment qu’il faudrait d’abord appliquer la Constitution avant de la modifier.

C’est un faux dilemme.

On peut appliquer une Constitution tout en travaillant à son amélioration. Si votre maison présente des fissures, vous continuez à y vivre tout en préparant les travaux nécessaires.

La France, les États-Unis ou encore l’Afrique du Sud ont tous procédé à des révisions constitutionnelles. La perfection n’existe pas.

Appliquer et améliorer sont deux démarches parfaitement compatibles.

Pourquoi avoir adhéré à la C4 portée par Augustin Kabuya ?

J’ai choisi le camp de ceux qui proposent.

J’ai rejoint la C4 parce que je refuse la politique de la peur. La peur paralyse tandis que la réflexion libère.

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La C4 est un espace de réflexion, de pédagogie et de mobilisation citoyenne. Mon rôle consiste à rappeler qu’aucun parti politique, aucune Église et aucun individu ne détient le monopole du patriotisme ni celui de l’interprétation de la Constitution.

Je préfère être parmi ceux qui construisent des propositions plutôt que parmi ceux qui s’opposent à tout.

Quel regard portez-vous sur la décoration de Fally Ipupa par le Chef de l’État ?

Quand le Congo brille, certains cherchent l’ombre.

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Fally Ipupa remplit les plus grandes salles d’Europe et porte haut les couleurs de notre pays sur plusieurs continents. Il contribue au rayonnement culturel de la RDC.

Le rôle d’un Chef d’État est aussi de reconnaître le mérite et l’excellence. Ceux qui contestent cette distinction devraient se demander honnêtement ce qui les dérange réellement : le mérite de Fally ou la personne qui lui remet la médaille.

Le Congo devrait être fier de ses ambassadeurs culturels.

Vous avez battu campagne contre la journée ville morte du 3 juin. Pourquoi ?

Parce que le peuple veut vivre, pas mourir économiquement.

J’ai parcouru plusieurs quartiers en transport en commun et le message que j’ai reçu est clair : les Congolais veulent travailler, entreprendre et avancer.

Une ville morte n’a jamais créé un emploi, construit une route ou payé les frais scolaires d’un enfant. Le développement passe par la production, pas par la paralysie.

Le 3 juin, les Congolais ont fait un choix : celui du travail plutôt que celui du blocage.

L’opposition affirme que cette mobilisation traduisait un rejet du projet de révision constitutionnelle. Le pouvoir entend-il les frustrations de la population ?

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Oui, il existe des frustrations et personne ne peut le nier.

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Le gouvernement a le devoir d’écouter et d’agir. Mais il faut également distinguer les préoccupations réelles des manipulations politiques.

Le Président Félix Tshisekedi a hérité d’un pays confronté à d’immenses défis. Malgré la guerre et les difficultés, des avancées existent.

On peut critiquer, c’est légitime. Mais il faut aussi savoir reconnaître ce qui progresse.

Les supporters des Léopards rencontrent actuellement des difficultés de visas, notamment à cause des perceptions liées à Ebola. Quelle est votre position ?

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Aucun Congolais ne doit être victime de préjugés.

Un citoyen doit être jugé sur son dossier individuel et non sur des stéréotypes ou sur son passeport.

Le gouvernement poursuit un important travail diplomatique afin de renforcer l’image de la RDC à l’international. Le Congo n’est pas un virus. Le Congo est une solution.

Quelle est selon vous la priorité absolue du second mandat du Président Félix Tshisekedi ?

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La sécurité et la souveraineté demeurent la priorité absolue.

Sans sécurité, il n’y a ni développement ni prospérité.

Mais la vision du Chef de l’État va au-delà du contexte sécuritaire. Elle consiste également à bâtir un État moderne, des institutions efficaces et une économie capable d’offrir des perspectives à la jeunesse congolaise.

Notre génération ne veut pas seulement survivre. Elle veut réussir ici, au Congo.

En conclusion,

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Pour l’Ambassadeur et PCA, Jean-Thierry Monsenepwo, le débat dépasse largement la simple question de la révision constitutionnelle.

Interview réalisée par Joseph Tshibanda – L’intervieweur congolais

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