
Par Élie Anzakuno
Uvira, Sud-Kivu – septembre 2025 – La détresse règne au sein de la famille de Dr Vincent Muhigirhwa Sangwa, chef de la Division Pêche et Élevage du Sud-Kivu, depuis son arrestation le 27 août 2025 à Uvira. Transféré à Kinshasa le 3 septembre 2025, son sort demeure inconnu de ses proches, qui dénoncent une accusation « abusive » et réclament que son procès s’ouvre ou que leur père soit relâché.

Pour sa famille, cette arrestation est une épreuve douloureuse et incompréhensible. Son fils, Paz Mubalama Sangwa, témoigne : « Que l’affaire d’arrestation de papa soit connue et que toute la famille sache où il se trouve et dans quel état il est détenu. Il est accusé injustement, par simple calomnie. Nous demandons que son procès s’ouvre ou qu’il soit relâché purement et simplement. » Ces mots traduisent l’angoisse quotidienne d’une famille qui vit dans l’incertitude et la peur pour la vie d’un père et d’un mari respecté.

Le communiqué officiel rendu public le 6 septembre 2025 situe Dr Muhigirhwa parmi les six premiers individus arrêtés dans les Hauts-Plateaux de Fizi, en lien présumé avec le M23. Bien que les autorités présentent son arrestation comme une mesure liée à la sécurité, sa famille conteste vigoureusement toute implication et insiste sur son intégrité et son rôle d’agent de l’État.

Dr Muhigirhwa occupe un poste de responsabilité publique en tant que chef de la Division Pêche et Élevage, et ses proches rappellent qu’il a toujours œuvré pour le développement local et le bien-être des communautés du Sud-Kivu. L’incertitude entourant sa détention a des répercussions profondes sur sa famille : ses enfants, son épouse et ses proches vivent dans la peur et l’inquiétude, ne sachant pas s’ils pourront revoir leur père ou obtenir des réponses sur son état de santé et les accusations portées contre lui.
Cette situation met également en lumière un problème plus large dans la province : celui de la détention prolongée sans procès ni transparence, et des familles laissées dans l’ignorance, confrontées à la peur et à l’angoisse. Pour les proches de Dr Muhigirhwa, il ne s’agit pas seulement d’une affaire individuelle, mais d’un appel urgent à la justice et à la protection des droits humains.

La famille appelle donc les autorités compétentes à ouvrir un procès public et équitable, à clarifier les accusations et à permettre à Dr Muhigirhwa de défendre son honneur et sa liberté. Les habitants d’Uvira et des environs observent également cette situation avec inquiétude, conscients que la détention arbitraire de responsables publics ou civils peut fragiliser la confiance dans les institutions et le respect de la loi dans la région.

Pour l’instant, la famille continue de demander que la lumière soit faite, qu’une procédure transparente soit engagée, et que le père, mari et agent de l’État qu’ils connaissent, puisse retrouver sa liberté ou, à tout le moins, être jugé équitablement. Leur message est clair : aucune accusation ne doit priver un homme de sa famille et de ses droits fondamentaux.
