
Par Guy Yuma
L’interpellation du directeur général de l’Aviation civile de ce 19 septembre 2025, a ravivé les rumeurs autour du dossier MWANT JET. Face aux informations contradictoires qui circulent dans la presse et sur les réseaux sociaux, Madame Gueda Yav, actionnaire majoritaire de la compagnie aérienne, sort de son silence et livre sa version des faits.
Elle rappelle que l’Embraer ERJ-145 immatriculé 95-YE fait l’objet d’une saisie conservatoire depuis le 6 décembre 2023, ordonnée par la justice congolaise et exécutée à l’aéroport international de N’Djili. Cette mesure a été confirmée par un arrêt de la Cour d’appel de Kinshasa/Matete le 3 avril 2024, exécutoire nonobstant recours. « Pourtant, déplore-t-elle, l’Aviation civile n’a jamais respecté cette décision et l’appareil a continué à bouger. »
Selon Gueda Yav, la remise en service de l’avion n’a jamais été autorisée par la justice et aurait été orchestrée de manière frauduleuse par des personnes « sans droit ni qualité », avec la complicité de l’Autorité de l’Aviation civile. Le parquet général, précise-t-elle, qualifie ce comportement de « détournement d’objet saisi » au sens des articles 80 et 83 du Code pénal.
L’actionnaire majoritaire pointe également du doigt la gestion interne de MWANT JET. Après la démission de l’administrateur provisoire, M. Findu, l’Aviation civile a confié la gestion quotidienne à Michael Yav, simple associé minoritaire. « En violation totale du droit, il se retrouve gérant sans mandat légal ni décision judiciaire, simplement par l’injonction de l’Aviation civile. Comment un minoritaire peut-il primer sur l’actionnaire majoritaire ? » s’interroge-t-elle.
Pour Gueda Yav, l’interpellation du directeur général de l’Aviation civile n’est rien d’autre que l’exécution d’une réquisition judiciaire du Parquet général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete, datée du 3 septembre 2025. Cette réquisition ordonnait :
- l’immobilisation immédiate de l’aéronef ;
- la remise d’un rapport dans les 72 heures ;
et rappelait que tout retard ou refus d’exécution équivaut à l’infraction de rébellion (articles 133 à 135 du Code pénal).
Malgré « les manœuvres obscures et certaines complicités » qu’elle dénonce, Gueda Yav se dit confiante dans la justice congolaise et attend de l’État qu’il assume pleinement son rôle de garant de la légalité. Elle espère ainsi être rétablie dans ses droits en tant que véritable initiatrice de MWANT JET.
