
Par Dieumerci Matu
Une décennie après l’attaque sanglante des rebelles ADF-NALU contre le village d’Eringeti, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), la société civile tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Elle appelle le gouvernement congolais à prendre des mesures concrètes et immédiates pour sécuriser les populations encore exposées à des menaces persistantes.
Désormais la douloureuse date du 29 novembre 2015 reste gravé dans la mémoire des habitants d’Eringeti. Ce jour-là, des hommes armés avaient fait irruption dans le village, tuant plusieurs civils, incendiant des commerces et attaquant le centre de santé de référence, où patients et personnel médical avaient été tués. Dix ans après, aucune cérémonie commémorative n’a été organisée, signe d’un traumatisme encore bien présent au sein de la communauté.
Face à ce silence, la société civile locale, par la voix de son président Rachid Maliro Zawadi, dénonce l’inaction de l’État congolais et réclame le renforcement immédiat de la présence militaire et policière dans la région. Selon elle, seule une réponse sécuritaire forte peut dissuader de nouvelles attaques et restaurer la confiance des habitants.
« L’État a le devoir de protéger ses citoyens. Sans une présence dissuasive sur le terrain, les erreurs du passé risquent de se reproduire », alerte Rachid Maliro.
La société civile considère cette exigence comme une priorité nationale. Elle rappelle que la consolidation d’une paix durable dans le Grand Nord-Kivu passe par une protection effective et constante des populations civiles.
