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Par Moïse Manyong

Dans un message particulièrement ferme, le leader de la plateforme Lamuka dénonce une atteinte grave aux libertés publiques : « Je m’insurge contre l’agression de Jean-Marc Kabund à Camp Luka alors qu’il allait animer un meeting. Camp Luka n’appartient ni à l’Union Sacrée ni à quiconque. Les libertés fondamentales des Congolais ne sont pas négociables. J’exige une enquête et des poursuites immédiates », a écrit Martin Fayulu ce 8 décembre.

Pour Fayulu, cet incident n’est pas un fait isolé mais s’inscrit dans une dérive inquiétante du climat politique. Alors que la Constitution garantit à tout Congolais la liberté de circulation et d’expression. L’opposition y voit une stratégie d’intimidation destinée à restreindre l’espace politique, surtout à l’approche des manifestations annoncées par plusieurs plateformes.

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Jean-Marc Kabund, figure de l’opposition et président de l’Alliance pour le Changement, avait déjà dénoncé une instrumentalisation d’éléments violents pour empêcher ses descentes sur le terrain. Blessé lors de l’incident, il a lui-même pris la parole sur X dès le 7 décembre. Dans une déclaration qui renforce l’appel de Fayulu, il a affirmé : « Ce qui s’est passé aujourd’hui à Camp Luka prouve que la tyrannie a atteint son paroxysme dans notre pays. Voir la police s’associer à des bandits (Kulunas) munis d’armes blanches pour empêcher une manifestation pacifique de l’opposition est inacceptable. Ni la violence ni les intimidations ne nous arrêteront. Ce n’est qu’un début : le 15 décembre, nous serons dans les rues pour exiger la fin des tueries et des souffrances infligées à nos compatriotes dans l’Est, par l’ouverture d’un dialogue national inclusif. »

Alors que les deux leaders appellent à la fois à la justice et à la mobilisation populaire, la pression s’accentue sur les autorités, encore silencieuses face à ces accusations. L’opinion attend désormais une réaction officielle et les résultats d’une éventuelle enquête, tandis que le rendez-vous du 15 décembre s’annonce déjà comme un test majeur du respect des libertés politiques en République démocratique du Congo.

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