
© Élie Anzakuno
À l’initiative de Bomoko University, une croisade intergénérationnelle se tiendra les 25 et 26 février 2026 à l’Université de Kinshasa, autour d’un thème aussi ambitieux qu’essentiel : la réinvention de l’école entrepreneuriale congolaise.
Au cœur des échanges, une interrogation fondamentale :
Le simple fait d’exercer une activité génératrice de revenus fait-il automatiquement de vous un entrepreneur ?
Une confusion répandue
Dans l’imaginaire collectif, toute personne qui vend un produit, tient un commerce ou propose un service est considérée comme entrepreneur. Cette conception classique, bien qu’ancrée dans la pratique quotidienne, reste incomplète.
Certes, générer des revenus est une dimension importante. Mais l’entrepreneuriat moderne va bien au-delà du simple échange marchand. Il suppose une vision, une stratégie, une capacité d’innovation et surtout un impact mesurable sur la société.
L’activité économique de survie ne suffit plus à définir l’identité entrepreneuriale contemporaine.
Déconstruire les mythes
Plusieurs mythes persistent :
L’entrepreneur travaille seul et réussit sans accompagnement
L’objectif principal est l’enrichissement rapide
L’entrepreneuriat est réservé aux personnes déjà favorisées
Toute activité informelle équivaut à un projet entrepreneurial structuré
Ces représentations réduisent l’entrepreneuriat à une quête individuelle de profit. Or, les défis actuels exigent un changement de paradigme.
L’entrepreneur moderne est un bâtisseur d’écosystèmes. Il collabore, il apprend, il s’entoure et il innove. Son ambition dépasse le gain personnel pour viser la transformation sociale.
L’éthique comme fondement du modèle contemporain
Les idéaux contemporains placent désormais l’éthique au centre de l’action entrepreneuriale.
Transparence, responsabilité sociale, respect des normes, impact environnemental : autant d’exigences qui redéfinissent le rôle de l’entrepreneur séculier.
Il ne s’agit plus seulement de « réussir dans les affaires », mais de contribuer à un développement durable et inclusif.
Dans ce contexte, l’école devient un levier stratégique. Former des jeunes capables de penser, d’innover et de créer des solutions adaptées aux réalités congolaises constitue un enjeu national.
Réinventer l’école entrepreneuriale congolaise
L’objectif affiché de cette croisade est clair : créer un cadre d’échanges stratégiques entre gouvernants, encadreurs académiques, entrepreneurs et étudiants.
Il s’agit notamment de :
Renforcer la culture entrepreneuriale dès le jeune âge
Encourager l’émergence de leaders économiques responsables
Identifier les freins et opportunités du système éducatif
Mettre en lumière les talents et initiatives estudiantines
Poser les bases d’un soutien institutionnel à l’entrepreneuriat étudiant
La réinvention du modèle entrepreneurial congolais commence par une réforme des mentalités et par l’intégration de l’esprit d’entreprise dans le parcours éducatif.
Vers une nouvelle génération de transformateurs
L’enjeu dépasse la simple création d’emplois. Il s’agit de façonner une génération capable de concevoir des solutions durables, adaptées aux réalités locales, tout en étant compétitive à l’échelle internationale.
De la conception classique à la pratique moderne, l’entrepreneuriat congolais est appelé à évoluer.
Car finalement, la vraie question n’est pas seulement :
« Gagnez-vous de l’argent ? »
Mais plutôt :
« Quel impact laissez-vous dans votre société ? »
