
Kinshasa, 21 juin 2026 – Alors que débute ce lundi 22 juin la session ordinaire de l’Examen d’État (EXETAT) 2026, des milliers de candidats de l’Est de la République démocratique du Congo s’apprêtent à affronter un double défi inédit : passer leurs épreuves sous la menace persistante des groupes armés et dans des zones confrontées à une résurgence de l’épidémie d’Ebola.
Dans plusieurs territoires touchés par l’insécurité, notamment au Nord-Kivu et dans certaines localités de l’Ituri, les autorités éducatives ont maintenu l’organisation des examens malgré un contexte particulièrement difficile.
Pour ces élèves, l’enjeu dépasse largement l’obtention d’un diplôme : il s’agit de préserver leur droit à l’éducation face aux conséquences de la guerre.
Selon les assurances données par le ministère de l’Éducation nationale et les services de l’Inspection générale, des dispositions exceptionnelles ont été prises afin de permettre aux finalistes de composer dans des conditions acceptables.
Des mécanismes spéciaux d’acheminement des malles d’examen ont été mis en place, tandis que les autorités provinciales sont mobilisées pour garantir la sécurité des centres de passation.
Des candidats entre espoir et incertitude
Dans les zones affectées par les violences armées, de nombreux élèves ont poursuivi leur année scolaire dans des conditions précaires, parfois après des déplacements forcés de populations ou des interruptions répétées des cours.
Malgré ces obstacles, ils figurent parmi les candidats attendus à cette session nationale.
Pour plusieurs observateurs du secteur éducatif, la tenue de l’EXETAT dans ces régions constitue un symbole fort de résilience face aux crises qui secouent l’Est du pays depuis plusieurs années.
Ebola s’invite également dans les préoccupations
À cette insécurité s’ajoute la vigilance sanitaire imposée par la résurgence de cas d’Ebola dans certaines zones de santé de l’Est du pays. Les autorités sanitaires et éducatives ont renforcé les mesures préventives autour des centres d’examen afin de limiter tout risque de propagation.
Des dispositifs de lavage des mains, des campagnes de sensibilisation et un suivi sanitaire particulier ont été recommandés dans les zones concernées.
Les responsables de l’éducation assurent que la santé des candidats demeure une priorité tout au long du déroulement des épreuves.
Un examen national sous le signe de la résilience
Partout en RDC, l’EXETAT 2026 mobilise élèves, parents et enseignants. Mais dans les provinces confrontées à la guerre et aux menaces sanitaires, cette session revêt une dimension particulière.
Chaque candidat qui prendra place derrière son pupitre portera avec lui le poids des difficultés traversées au cours de l’année scolaire.
Au-delà des résultats attendus, ces finalistes incarnent la détermination d’une jeunesse qui refuse de laisser les armes, les déplacements forcés ou les épidémies compromettre son avenir.
Ce lundi, dans certaines régions de la RDC, réussir son Exetat ne sera pas seulement une question de connaissances : ce sera aussi une victoire sur la peur, l’insécurité et la maladie.
