1720283743346

L’Architecte, Urbaniste et Paysagiste, Secrétaire Général Académique de l’Université Panafricaine du Congo, Enseignant des Universités et Président de l’ONG “Ma ville Mon Paradis” (MVIMPA), José BAMENIKIO KUELUMUENAMO a analysé cette situation au cours d’une interview exclusive, accordée à L’INTERVIEWEUR.CD ce samedi 06 Juillet 2024, au regard du danger que ces stations-services font planer en termes des risques d’incendie qui peuvent causer des dégâts humains et matériels au sein de la population environnante.

Quelle analyse faîtes-vous sur la prolifération des stations-services implantées à travers la ville province de Kinshasa ?

Merci monsieur le journaliste de m’avoir donné cette occasion, à travers ce micro.
Je voudrais dire que l’analyse est déplorable, parce-que nous sommes entrain de constater qu’à travers la ville Province de Kinshasa, il y a cette prolifération ou pluralité d’implantation d’une manière désordonnée des stations d’essence à travers le territoire de Kinshasa.
C’est vraiment déplorable ! ( S’inquiète t-il)
Et nous constatons qu’à chaque carrefour, il y a trois ou quatre stations sur une longueur d’un kilomètre (1Km), mais nous oublions qu’il y a des normes par rapport à tout cela.
L’analyse est vraiment déplorable et il est temps que nous puissions dire quand-même « Non » à cette implantation incontrôlée des stations d’essence à travers la ville.

Quels sont les risques auxquels la population environnante fait face ?

Eeeh ! Les risques sont majeurs parce-que, vous savez que l’essence déjà c’est un produit, facilement, ça peut s’enflammer ( un peu plus explicite), voyez-vous !
Et d’ailleurs il y a des restrictions au niveau des stations d’essence où on dit que quand vous arrivez là bas : « Vous ne pouvez pas utiliser l’appareil, fumer… », pour dire que quand ça s’enflamme eeeh ! Il y aura des morts d’hommes. ( Il bouge la tête sous un ton sérieux).
Et donc, le risque est majeur, le risque est là à chaque instant.
Il y a lieu que nous puissions prendre des dispositions pour éviter ce genre de risques qui peuvent arriver.

Lire aussi  Interview : Voici comment s'orienter après ses études pour une carrière professionnelle épanouie

Pouvez-vous énumérer quelques stations-services mal implantées, partant de votre observation personnelle ?

( Eeeh ), Il y a de cela une semaine déjà, on est entrain d’implanter une station d’essence à l’entrée de Masanga-mbila ( Commune de Mont-Ngafula, Quartier Masanga-mbila), et quand on voit cet espace là, on voit la largeur même, la profondeur de cet espace, alors moi je me demande si comment, par quel mécanisme, c’est par quelle magie, ils sont arrivés à avoir l’autorisation d’implantation ?
Il y a également sur Bandal ( Commune de Bandalungwa), entre Rond point Bandal, pour arriver au petit pont, il y a combien de stations qui sont là ?
Ça va pas !
Et nous avons également ici, non loin de eeeh, Camp Badiadingi, il y a aussi une station là dedans et on ne sait pas c’est une zone militaire à mon avis, mais il y a une station d’essence là bas et en face de cette station là, en face du Camp Badiadingi il y a aussi une autre station, sur une parcelle à peu près de 15 mètres sur six (15/10)…
Nous avons beaucoup d’exemples que nous pouvons citer là dessus, mais nous ne citons que ces quelques exemples là.

Que proposez-vous aux autorités habilitées afin d’apporter des solutions adaptées à cette situation ?

Je pense qu’il y a des ministères qui sont habilités à pouvoir traiter ce genre de problèmes, nous avons les ministères de l’Urbanisme et Habitat, Hydrocarbures et de l’Environnement…
Finalement, c’est un domaine pluriministériel.
Et donc, il faut qu’il ait l’application des lois, des normes urbanistiques et environnementales et nous devons appliquer strictement.
Je ne sais pas par quel mécanisme ces gens là arrivent à avoir des autorisations d’implantation, parce-que pour que quelqu’un puisse venir implanter une station d’essence, c’est que certainement, il a demandé une autorisation.
C’est au niveau de l’administration que nous pouvons dire “Non”, ce n’est pas possible, il faut remplir telles conditions pour avoir une autorisation.
Parce-qu’il faut créer une zone sanitaire, j’insiste, entre la station d’essence et la zone résidentielle.
On crée une “ Zone tampon ”, ça peut-être un espace vert, ça peut-être une servitude non aedificandi pour sécuriser la population vis-à-vis de ces stations là.
En conclusion, moi je demande simplement l’application stricte des normes environnementales et urbanistiques.
Parceque quand on demande une autorisation d’implantation d’une station d’essence, il faut qu’il ait des tons et des différents ministères doivent entrer dans cette analyse du dossier pour donner l’avis favorable ou négatif.

Lire aussi  Interview: Battante, polyvalente et surtout ambitieuse, Raicha Wembo raconte son parcours épineux

Avez-vous une ONG qui matérialise ce que vous dites ?
Pouvez-vous nous parler un peu plus d’elle ?

Notre ONG “Ma ville, Mon Paradis ” ( MVIMPA), c’est une ONG qui existe en République Démocratique du Congo et dans certains pays africains comme : Congo Brazzaville, Cameroun…
Nous nous occupons de tout ce qui est environnement et nous disons, “ Ma ville, Mon Paradis ”.
Le Paradis pour nous, c’est là où il fait beau vivre et nous sommes entrain d’imaginer que le Paradis c’est un milieu où il y a beaucoup d’espaces verts, c’est fleuri, il n’y a de saleté, il y a l’entraide, il y a l’amour entre les personnes.
Alors nous ne pouvons pas accepter ce que nous sommes entrain de voir, c’est comme ça que nous voulons mener des actions dans le sens de pouvoir réveiller la conscience de la population pour dire que “Non”, nous devons faire très attention.
Notre ONG est là pour améliorer les conditions de vie de l’être humain.
Faisons le Paradis sur terre, c’est possible.
Le Paradis, c’est pas seulement au ciel, mais nous pouvons commencer le Paradis ici sur terre.
L’homme doit vivre dans un environnement sain, propre où il y a amour, où il n’y a pas de différence entre pauvre et riche, bien entendu que les riches seront toujours là, les pauvres seront toujours aussi là mais c’est cet écart là que nous devons quand-même essayer de réduire.
Voilà l’objectif de notre ONG, c’est construire un environnement sain, pour une vie saine.
C’est ça notre devise.

Quelles sont les conditions d’adhésion de votre ONG ?

Pour être membre de MVIMPA ( Ma ville, Mon Paradis), il y a l’adhésion, la fiche est gratuite, vous allez en premier lieu remplir la fiche et d’office, vous êtes membre.
Et après, comme c’est une ONG, après il faut avoir la carte de membre et puis remplir les conditions des cotisations mensuelles.
Nous avons des représentations dans toutes les communes de la ville de Kinshasa, nous sommes entrain toujours de nous sensibiliser dans un premier temps et de vulgariser les normes urbanistiques et environnementales auprès de la population.

Lire aussi  RDC-Show Buzz : vernissage de 5 ouvrages du professeur Henry Mova [Suivez-le en interview-radio via ces liens]

Quelles sont les actions déjà menées au sein de votre ONG ?

Nous avons mené plusieurs actions il y a de cela 3 ans passés, nous avons lutté contre l’érosion à Mont-Ngafula, nous avons pu acheter 500 sacs, nous avons planté des arbres à Mbanza-Ngungu ( Province du Kongo Central/RDC), et en passant nous nous sommes dits, bien que nous sommes dans l’environnement, nous sommes aussi dans le domaine de l’agriculture.
Nous avons des champs de manioc de cinq hectares…
D’ailleurs, la récolte se fera la semaine que nous allons débuter, la semaine en huit, il y aura déjà récolte.
Cela permet quand-même aux gens de pouvoir trouver quoi manger.
Deuxième action, nous aidons des orphelins dans certains orphelinats, nous arrivons quand-même à leur donner quoi manger, de quoi se vêtir.
Mais également, nous sommes dans les loisirs, nous organisons des compétitions des jeunes avec des différentes communes, des matchs de foot, tout ça pour essayer de vivre le paradis sur terre.
Parceque le paradis, il faut que les gens ne puissent pas être stressés, mais quand il y a des compétitions comme ça, ça permet aux gens de se déstresser.
Nous avons également mené des actions dans ce qui concerne de curage de certains caniveaux dans la commune de Ngaliema et aujourd’hui cette action là que nous menons contre la prolifération des stations-services à Kinshasa.
Nous disons “Non” à la prolifération des stations-services d’essence.
C’est aussi une action que nous souhaitons que ç’arrive aux oreilles des autorités compétentes.

Quel est votre dernier mot ?

Mon dernier mot est que je pense que les gens qui vont écouter, suivre, lire cette interview, puissent réellement se rattacher à nous pour pouvoir lutter ensemble, pour que nous puissions gagner gain de cause.

Propos recueillis par Joseph Tshibanda

Partager cet article :