
Visée par de nombreuses critiques sur les conséquences climatiques de l’exploitation du pétrole à Moanda, dans l’extrême ouest de la RDC, province du Kongo-Central, la société Perenco, une compagnie franco-britannique d’exploitation pétrolière est de nouveau au coeur des dénonciations musclées.
Interviewé par notre rédaction lors de sa tournée nationale, Fortifi Lushima a choisi Moanda, cité pétrolière du Kongo-Central, pour dénoncer le pillage orchestré par Perenco. Au cœur de son message : la réappropriation des ressources naturelles par le peuple congolais.
Moanda n’est pas une étape comme les autres. Ici, chaque baril de pétrole rappelle le paradoxe congolais : une richesse immense, mais des populations abandonnées. C’est devant la presse rassemblée que Fortifi Lushima a porté un message clair : le temps du pillage doit prendre fin.
« Comment expliquer que l’or noir enrichit Perenco et certains politiciens corrompus, alors que nos familles vivent dans la pauvreté et que nos enfants n’ont ni hôpitaux ni écoles dignes ? », a lancé le leader panafricaniste congolais, dénonçant un système néocolonial qui vide les sols congolais au profit d’intérêts extérieurs.
Au centre de sa tournée, trois revendications principales :
1. Renégociation et transparence du contrat entre l’État et les multinationales.
2. Programme social pour la population locale : Investissement prioritaire à Moanda dans les infrastructures sociales : eau, santé, routes, éducation.
3. Réforme des raffineries locales pour transformer le petrole en carburant.
4. Promotion des entrepreneurs locaux pour reprendre le contrôle de l’économie nationale
Le message de Lushima s’inscrit dans une vision plus large : celle d’une souveraineté retrouvée, où le pétrole n’est plus un fardeau, mais un levier de développement. « Ce qui sort de notre sol doit nourrir nos familles, et non la famille française Perrodo », a-t-il martelé, déclenchant une ovation dans la cité.
À Moanda, sa voix résonne comme un appel à rompre avec des décennies de résignation. Pour ses partisans, la lutte de Fortifi Lushima n’est pas seulement politique : c’est un combat de dignité, une bataille pour que les Congolais deviennent enfin maîtres de leurs ressources.
Par Jared Kabuya
