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Par Élie Kibalubu

Face à la fermeture du service des courriers de l’Assemblée nationale, les initiateurs de la pétition ont opté pour une voie inhabituelle mais symboliquement lourde : l’intervention d’un huissier de justice. Cette démarche traduit, au-delà du geste administratif, la volonté des contestataires de signifier publiquement que leur initiative ne saurait être étouffée par des obstacles procéduraux.

Quelques heures plus tôt, Vital Kamerhe avait tenté de désamorcer la crise dans son discours d’ouverture de la session de septembre. Exprimant ses excuses aux députés signataires, il les a appelés à  reconsidérer leur démarche à la lumière des progrès significatifs  accomplis sur leurs revendications et du contexte particulier que traverse la RDC. Ce geste, présenté comme une main tendue, a été interprété de façon diamétralement opposée par ses adversaires.

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Pour Crispin Mbindule, loin de calmer les ardeurs, l’attitude de Kamerhe a plutôt renforcé la conviction des dissidents.

 » Vital Kamerhe doit partir. Le pardon prouve qu’il a détourné « , a-t-il déclaré sans détour, transformant les excuses du président de l’Assemblée en présomption de culpabilité.
Le discours prend des allures de procès politique où les arguments juridiques s’effacent derrière la rhétorique de la faute morale et de la responsabilité symbolique.

La pétition, déjà forte de centaines de signatures, pourrait ouvrir une crise institutionnelle majeure si elle est jugée recevable. Reste à savoir si les manœuvres procédurales suffiront à contenir cette fronde ou si, au contraire, elles ne feront que lui donner davantage de visibilité et de légitimité.

À travers cette épreuve de force, se joue aussi une lutte de crédibilité : Kamerhe cherche à s’affirmer comme garant de la stabilité parlementaire, tandis que ses opposants veulent démontrer que les institutions ne doivent pas être au service d’un homme, mais de la redevabilité politique.

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