
Par Gustave PADI
Les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont paraphé jeudi 4 décembre 2025, l’accord de paix à washington aux États-Unis. Sous l’égide du président américain Donald trump en présence des plusieurs chefs d’État Africains, cet accord a déclenché une vague de controverse au sein de la classe politique congolaise.
Pari gagné, mais risqué. Signé à Washington sous la médiation américaine, l’accord vise à mettre fin aux violences dans l’Est du pays, désarmer les groupes armés, relancer la coopération économique et intégration régionale, retour des déplacés,retrait des troupes étrangères. Mais plusieurs responsables politiques accusent l’accord de donner l’avantage diplomatique à Paul Kagame sans exiger une reconnaissance explicite du rôle du rwanda dans le soutien du M23. Cet accord blanchit Kigali alors que les preuves de son implication sont accablantes. Sans consultation nationale, ni avec le parlement,ni avec les forces vives du pays, c’est une paix imposée à l’extérieure pas une paix négociée avec les congolais.
Le gouvernement congolais considère l’accord de Washington comme une opportunité pour la paix mais sous condition: retrait des forces étrangères, respect des engagements,transparence, la fin aux soutiens des groupes supplétifs.
La méfiance vient du fait que les précédents accords signés depuis (1999,2002,2007…) ont souvent échoué à amener une paix durable, faute de respect des engagements et l’implication réelle des communautés concernées.
Pour Moïse Katumbi cet accord offre «une lueur d’espoir » pour nos populations meurtries. Mais la paix ne se sera durable qu’avec un dialogue national inclusif et un engagement réel des communautés locales.
De l’autre côté,Martin Fayulu président de l’Ecidé, rejette catégoriquement ce texte, qu’il qualifie d’un «désaccord ». Le peuple a besoin de la transparence, on ne peut pas signer un accord qui engage la nation sans débat ni contenu publié, un texte dicté de l’extérieur sans consultation du parlement, de la société civile ni des communautés concernées.Sur la même lignée Prince Epenge porte parole de la Coalition LAMUKA considère l’accord de Washington comme «déséquilibré» qu’il constitue plutôt d’une prime pour le Rwanda au détriment des intérêts congolais.
En revanche,l’Union sacrée accueille à cœur ouvert l’accord de Washington. Pour vital Kamerhée député national espère «un tournant décisif qui apporte l’espoir » non seulement de faire taire définitivement les armes,mais aussi de construire une prospérité véritablement partagée.
Aimé Boji, président de l’Assemblée nationale évoque une démarche salutaire pour le pays.
Dénis Mukwege exprime sur un fort scepticisme: Il juge les processus comme Washington et Doha « illégitime et précaire » et incapable de garantir une paix durable réelle. Pour lui la guerre continue,il appelle en conséquence à une justice indépendante.
«Les mécanismes existent déjà, une distraction des plus» déclare Ferdinand Kambere PPRD.
Pour Jean Marc- Kabund dénonce un accord signé dans les salons étrangers, sans les congolais. Ce sont toujours les mêmes erreurs. La RDC ne peut pas se contenter d’accords symboliques. Il faut de «garanties opérationnelles» des mesures de sécurité vérifiables sinon rien ne changera. Exprime François Beya opposant et ex conseiller spécial en sécurité du président de la République.
La LUCHA et 64 autres organisations citoyennes ont publié une déclaration commune estimant que les accords de Washington et l’accord parallèle de Doha ne permettront pas d’aboutir à une paix durable tant qu’un dialogue inter-congolais ne sera pas organisé. La lucha considère d’une paix sur papier.
Contrairement à l’espoir suscité par l’accord, les violences se poursuivent dans l’Est du pays, qui met en lumière un fossé entre les ambitions diplomatiques et la réalité sécuritaire.
«Pourquoi l’accord est plus contesté ?»
Parce qu’il est perçu comme incomplet,
Parce qu’il omet les acteurs
principaux groupes armés
Parce qu’il est ne répond pas immédiatement aux réalités sur terrain.
Parce qu’il semble favoriser Kingali;
Parce qu’il a été signé sans débat national.
Un accord porteur d’espoir, mais sous haute surveillance. Kinshasa promet une application stricte du texte, les congolais attendent désormais des actions concrètes,entre espoir scepticisme, l’accord Rdc-Rwanda restera au cœur du débat politique.
«Un accord ambitieux mais fragile »
À peine signé à Washington, l’accord fait déjà face à des obstacles diplomatiques, militaires et politiques, les combats persistent dans l’Est du pays, la méfiance généralisée et et l’absence des garanties solides menacent de fragiliser la mise en œuvre.L’accord signé à Washington est sans doute l’un des moments les plus médiatisés de 2025. Il marque une tentative de sortie de crise. Un geste fort des États mais sa réelle valeur dépendra de sa mise œuvre.
Beaucoup d’opposants congolais réclament un dialogue inclusif, un traitement global de la crise(justice,droits des déplacés, déploiements de l’Etat,réhabilitation des infrastructures) plutôt qu’un accord purement diplomatique entre le gouvernement.
Pour l’heure, les craintes l’emportent sur l’espoir:sans désarmement réelle, sans inclusion des acteurs du conflit, sans justice pour les victimes, sans sécurité pour les populations. L’accord risque de rester une coquille vide.
