
Par Nzangura Kwavingiston
La Haute Cour militaire a rendu son verdict dans l’affaire de l’abandon de la ville de Goma, tombée entre les mains des rebelles AFC/M23 en janvier 2025. Quatre hauts gradés des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC) ont été reconnus coupables pour leur rôle dans ce revers militaire majeur.
Les officiers condamnés sont les généraux Dany Yangba Tene et Papy Lupembe Mobenzo, ainsi que les commissaires divisionnaires Eddy Léonard Mukuna Ntumba et Jean Romuald Ekuka Lipopo, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu. Tous ont été déclarés coupables de lâcheté devant l’ennemi, violation des consignes et perte de matériels militaires.
Des peines largement réduites malgré la gravité des faits
Alors que le parquet général avait requis des peines allant de 20 ans de servitude pénale à la prison à perpétuité, la Haute Cour militaire a retenu d’importantes circonstances atténuantes.
Les sanctions prononcées sont :
Jean Romuald Ekuka Lipopo : 36 mois de prison
Eddy Léonard Mukuna Ntumba : 24 mois de prison
Dany Yangba Tene : 12 mois de prison
Papy Lupembe Mobenzo : 12 mois de prison
En plus des peines de prison, les quatre officiers écopent d’une amende collective de 2,8 millions de francs congolais.
Un cinquième accusé décédé
Le général-major Alengbia Nzetetessya, également poursuivi dans cette affaire, est décédé en avril dernier. En conséquence, la Haute Cour a constaté l’extinction de l’action publique à son égard.
Les accusés évoquent un repli stratégique
Durant le procès, les prévenus ont affirmé avoir agi conformément aux instructions du chef d’état-major général, évoquant un ordre de repli stratégique vers le Sud-Kivu.
Une version qui n’a pas convaincu totalement les juges, même si elle a contribué à l’adoucissement des peines.
Un verdict qui interroge
Ce jugement, perçu par certains observateurs comme clément, soulève des interrogations dans un contexte où la dégradation de la situation sécuritaire à l’Est de la RDC nécessite davantage de rigueur dans la chaîne de commandement. La chute de Goma en janvier 2025 avait provoqué un choc national, ravivant les débats autour de la gestion des opérations militaires et des responsabilités hiérarchiques.
