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Par Moïse Manyong

Ce texte engageait Kinshasa à désarmer les milices hutues rwandaises, notamment les ex-FAR et Interahamwe tandis que Kigali acceptait de retirer ses troupes du territoire congolais.Un compromis historique, obtenu sous la médiation du président sud-africain Thabo Mbeki, mais dont l’application s’est heurtée à de multiples obstacles, fragilisant durablement la confiance entre les deux pays.

Vingt-trois ans plus tard, l’Histoire semble se répéter. À Washington, un nouvel accord vient d’être signé : même logique, mêmes engagements, mêmes promesses de désescalade. Une continuité qui interroge autant qu’elle inquiète. Les conditions politiques et sécuritaires ont-elles réellement changé depuis 2002 ? L’environnement régional s’est-il amélioré au point de garantir une mise en œuvre durable de ce nouveau texte ?

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La question est d’autant plus cruciale que l’est de la RDC traverse aujourd’hui l’une des pires crises sécuritaires de son histoire récente. L’activisme de groupes armés, la méfiance mutuelle entre les États voisins, ainsi que les rivalités géopolitiques persistantes compliquent toute démarche de paix. En 2002, l’accord de Pretoria s’était heurté à ces mêmes facteurs, provoquant retards, contestations et finalement un affaiblissement total de ses mécanismes de suivi.

Alors, faut-il croire que Washington offre une nouvelle chance ? Ou devons-nous craindre un remake d’un accord fragile, promis à l’essoufflement avant même sa mise en œuvre ? La réussite dépendra autant de la volonté politique des parties que de la transparence du processus, de la pression internationale et de la capacité des États à rompre véritablement avec les stratégies ambiguës du passé.

Une certitude demeure : dans une région où les promesses de paix sont souvent confinées aux signatures protocolaires, la vigilance citoyenne et diplomatique sera essentielle pour ne pas revivre un nouveau Pretoria, version 2025.

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