
Face aux Députés nationaux réunis à l’Assemblée nationale les 21 et 25 mai 2026, O’Neige N’Sele a livré une défense musclée de la réforme foncière engagée par le Gouvernement congolais, tout en annonçant une série de mesures destinées à combattre les spoliations, assainir l’administration foncière et renforcer la sécurité juridique des citoyens.
Au cœur de ces échanges parlementaires, la Ministre des Affaires Foncières a réaffirmé la volonté du Gouvernement de concrétiser les ambitions de la Loi n°25/062 du 30 décembre 2025, présentée comme un tournant majeur dans la modernisation du secteur foncier en République démocratique du Congo.
Devant la représentation nationale, Mme O’Neige N’Sele a insisté sur le caractère stratégique de la numérisation des services fonciers afin de garantir davantage de transparence, de traçabilité et de sécurisation des titres immobiliers.
Elle a notamment mis en avant plusieurs réalisations déjà enregistrées en 2025, parmi lesquelles les infrastructures construites ou réhabilitées à Mambasa et Inongo, tout en annonçant la construction prochaine de nouveaux bâtiments administratifs à Matadi, Kasangulu, Mbuji-Mayi, Miabi et Maluku entre 2026 et 2027.
Dans l’attente d’une digitalisation complète du secteur, des solutions numériques modulaires sont déjà opérationnelles grâce à l’appui de partenaires internationaux, notamment ONU-Habitat et le CAFI.
Sur le terrain sensible des spoliations foncières, la Ministre a affiché une ligne dure. Elle a annoncé le renforcement de la Direction de l’Inspection avec pour mission l’établissement d’un répertoire national des cas de spoliation.
Une cellule spéciale au sein de son cabinet sera également chargée de centraliser les dénonciations transmises par les élus nationaux.
Concernant les démolitions et les litiges liés aux titres fonciers, Mme O’Neige N’Sele a rappelé qu’un certificat foncier ne suffit pas à lui seul pour légitimer une construction.
Le respect des règles d’urbanisme, des servitudes publiques et des normes environnementales demeure indispensable, chaque dossier devant être examiné au cas par cas.
Évoquant le très controversé dossier de la Baie de Ngaliema, la Ministre a soutenu que les opérations en cours répondent à l’instruction présidentielle du 25 avril 2025 visant à protéger les populations, le domaine public et l’environnement.
Sur le plan disciplinaire, la patronne des Affaires foncières a réaffirmé la politique de « tolérance zéro » contre les agents impliqués dans des pratiques irrégulières.
Des suspensions et procédures disciplinaires ont déjà été engagées dans plusieurs circonscriptions foncières du pays, notamment à Bandundu-Ville, Kikwit II, Kananga, Lubumbashi-Est, Masi-Manimba, Moanda et Songololo, avec transmission des dossiers à la justice.
Elle a également rappelé que la nouvelle réforme foncière consacre désormais la responsabilité civile et pénale des Conservateurs des Titres Immobiliers ainsi que des Chefs de Division du Cadastre.
Sur la question de la transparence financière, la Ministre a dénoncé certains comportements individuels à l’origine des irrégularités observées dans la perception des taxes et droits fonciers.
Elle estime que la généralisation du paiement électronique et la numérisation des procédures permettront de réduire considérablement les pratiques frauduleuses et de sécuriser les recettes publiques.
Abordant enfin le vaste projet d’extension urbaine de Kinshasa, Kinshasa, Mme O’Neige N’Sele a voulu rassurer les élus face aux inquiétudes suscitées par ce chantier colossal lancé officiellement le 22 décembre 2025 par le Président de la République.
« Non, il n’y aura pas de chaos », a-t-elle déclaré, précisant que ce projet est piloté par un comité stratégique interministériel.
Prévue sur près de 43 000 hectares, cette future cité nouvelle comprendra des zones industrielles, résidentielles, commerciales, éducatives et sanitaires, avec un investissement estimé à 12,1 milliards de dollars américains sur trente-six ans.
À travers cette audition parlementaire, la Ministre des Affaires Foncières a affiché sa détermination à faire de la réforme foncière un pilier de la bonne gouvernance, de la sécurité juridique et de l’attractivité économique en RDC.
