
© Bénédicte Ntanga
L’Université de Kinshasa traverse une nouvelle zone de turbulence. Plusieurs infrastructures du campus universitaire auraient été vandalisées dans la nuit de jeudi à vendredi, à la suite des contestations liées aux élections des représentants estudiantins organisées sur la colline inspirée.
Selon plusieurs témoignages concordants recueillis sur place, des étudiants en colère dénoncent des « irrégularités », des « résultats manipulés » ainsi qu’un « manque de transparence » dans le processus électoral ayant conduit à la désignation des nouveaux animateurs de la coordination estudiantine.
Des salles endommagées, des vitres brisées ainsi que du mobilier administratif détruit ont été signalés dans certaines facultés, plongeant momentanément le campus dans une atmosphère de vive tension. Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent des groupes d’étudiants rassemblés autour de bâtiments administratifs, scandant des slogans hostiles aux organisateurs du scrutin.
Ce nouvel épisode ravive les inquiétudes autour du climat sécuritaire et de la gouvernance estudiantine à l’UNIKIN, déjà secouée ces derniers mois par plusieurs incidents. En mai 2025, les élections estudiantines avaient été perturbées par un braquage armé survenu en plein campus, poussant les autorités universitaires à suspendre temporairement le scrutin.
À ce stade, le comité de gestion de l’université ne s’est pas encore exprimé officiellement sur l’ampleur exacte des dégâts ni sur les responsabilités éventuelles.
Toutefois, des sources estudiantines réclament l’annulation pure et simple des résultats contestés ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante.
Cette crise intervient alors que l’UNIKIN tente de redorer son image à travers plusieurs projets de modernisation et de coopération académique internationale mis en avant par le rectorat ces derniers mois.
Dans les milieux universitaires, certains observateurs estiment que ces violences traduisent un malaise profond au sein de la représentation estudiantine, régulièrement accusée d’être infiltrée par des intérêts politiques extérieurs.
L’évolution de la situation reste suivie de près par la communauté universitaire et les autorités de l’Enseignement supérieur.
